Liquidation judiciaire, amiable, faillite : quels droits pour les consommateurs ?

30/09/2024
Photo d'un dossier de liquidation judiciaire

Un jour, vous apprenez que le constructeur de votre maison, l’installateur de vos panneaux solaires, ou le vendeur de votre voiture a « fait faillite », ou que sa société n’existe plus. En bref, elle a fait l’objet d’une liquidation judiciaire ou d’une liquidation amiable.

D’ores et déjà, vous comprenez que cette société ne vous doit plus aucune garantie contractuelle ou légale (garantie contre les vices cachés, garantie décennale, garantie légale de conformité, etc.) et vous vous demandez s’il existe d’éventuels recours pour obtenir la réparation de vos préjudices.

Votre avocate vous guide dans vos démarches afin de faire valoir vos droits.

Comprendre la liquidation judiciaire et amiable : définitions et responsabilités

Qu’est-ce que la liquidation judiciaire ?

La liquidation judiciaire est une procédure déclenchée lorsque l’entreprise ne peut plus faire face à ses dettes exigibles, c’est-à-dire que ses ressources disponibles ne sont plus suffisantes pour honorer ses obligations financières.

Cette décision est prise par un juge, généralement à la demande de l’entreprise elle-même ou d’un créancier. Une fois le jugement d’ouverture prononcé, toutes les actions en justice initiées par les créanciers sont suspendues, empêchant ainsi toute nouvelle poursuite judiciaire à l’encontre de la société.

Toutefois, certaines exceptions existent, notamment pour des créances bénéficiant de garanties spécifiques ou dans des cas prévus par la loi :

  • Actions concernant des créances alimentaires : Les créanciers dont les créances sont de nature alimentaire, comme les pensions alimentaires, peuvent continuer à demander l’exécution de leurs créances (article L641-3 du Code de commerce).
  • Actions relatives à des créances garanties : Les créanciers bénéficiant de garanties réelles, telles que des hypothèques ou des gages, peuvent, sous certaines conditions, continuer à faire valoir leurs droits sur les biens donnés en garantie (article L622-21 du Code de commerce).
  • Actions en matière pénale : Les actions en justice à caractère pénal ne sont pas suspendues par la liquidation judiciaire. Selon le principe d’indépendance entre les procédures civiles et pénales, si l’entreprise ou ses dirigeants sont impliqués dans des procédures pénales, celles-ci peuvent se poursuivre.
  • Possibilité de restitution de biens : Les propriétaires de biens qui auraient été vendus avec une clause de réserve de propriété peuvent également exercer une action en restitution, conformément à l’article L624-16 du Code de commerce. Cette action vise à récupérer les biens dont la société ne serait pas pleinement propriétaire.
Dossier de liquidation judiciaire

Liquidation amiable : définition

La liquidation amiable est décidée par les gérants d’une société, sans que cette dernière ne connaisse de difficultés financières. La société placée en liquidation amiable est représentée par un liquidateur, selon l’article L 237-3 du Code de Commerce. La mention de la liquidation doit figurer sur le papier à en-tête de la société ainsi que sur l’extrait KBIS au RCS.

Durant cette période, la société peut faire l’objet d’une action en justice. En cas de liquidation amiable, le liquidateur est souvent le gérant lui-même. La clôture de la liquidation doit intervenir dans un délai de 3 ans à compter de la dissolution (art. 1844-8 du Code civil pour les sociétés et L.237-21 du Code de commerce pour les sociétés commerciales).

Le liquidateur judiciaire : rôle et responsabilité

Le liquidateur doit transformer les éléments de l’actif de la société en chiffres, après avoir apuré le passif et payé les créanciers. En cas de faute commise dans cette gestion, le liquidateur engage sa responsabilité. L’action doit être portée devant les Tribunaux dans les 3 ans à compter du fait dommageable ou de sa révélation s’il a été dissimulé. En matière de crime, l’action se prescrit par 10 ans.

Pour engager la responsabilité du liquidateur, il faut démontrer une faute intentionnelle, comme par exemple :

  • Un refus de prendre en compte une créance
  • Une obstruction personnelle pour rendre la créance liquide et exigible avant le règlement des autres dettes
  • Une preuve de favoritisme envers certains créanciers
  • Un détournement d’actifs
  • Une falsification des comptes ou des bilans
Photo des colonnes du Palais de Justice

Que faire en cas de liquidation judiciaire ? les droits du consommateur

Liquidation judiciaire et créanciers : que dit la loi ?

Lorsqu’une entreprise est placée en liquidation judiciaire, ces derniers doivent suivre une procédure spécifique pour espérer récupérer leur argent (art L641-1 à L641-10 du Code du commerce).

La première étape consiste à déclarer la créance auprès du liquidateur judiciaire, désigné par le tribunal de commerce. Cette déclaration doit impérativement être faite dans un délai de deux mois suivant la publication du jugement d’ouverture de la procédure au Bulletin Officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC).

Une fois cette démarche accomplie, plusieurs éléments sont à prendre en compte :

  • Remboursement des créanciers : Le remboursement dépendra des fonds disponibles après la vente des actifs de l’entreprise. Les créances ne sont pas garanties, et les créanciers prioritaires, comme les employés, seront payés en premier.
  • Livraison des biens : Si vous êtes en attente d’une livraison, cela ne sera possible que si le liquidateur décide de poursuivre l’exécution du contrat, ce qui est rare en liquidation.
  • Reprise d’un chantier : La continuation d’un chantier en cours dépend de la décision du liquidateur, mais la plupart des travaux sont souvent interrompus, à moins que cela n’augmente la valeur des actifs.

Ainsi, il est important de préciser que bien que la déclaration de créance soit obligatoire, elle ne garantit pas toujours une récupération intégrale des sommes dues.

Déclarer sa créance : les étapes à suivre

Afin de maximiser vos chances de récupérer les sommes dues lors d’une liquidation judiciaire, vous devez suivre plusieurs étapes :

  • Consulter les sites spécialisés: rendez-vous sur des sites comme Infogreffe, Société.com, ou Pappers pour identifier le liquidateur judiciaire désigné et obtenir les informations sur la procédure, notamment les délais de déclaration (généralement deux mois).
  • Envoyer un courrier recommandé: adressez votre déclaration de créance au liquidateur avec un récapitulatif du montant dû, les justificatifs (factures, contrats) et votre RIB. Envoyez le tout en recommandé avec accusé de réception et conservez une copie des documents.
  • Comprendre la priorité dans le remboursement: le liquidateur rembourse selon un ordre de priorité légal : les salariés, l’URSSAF et les créanciers privilégiés passent avant les consommateurs ou autres créanciers non prioritaires, ce qui diminue leurs chances de remboursement.

Toutefois, même si le remboursement est incertain, déclarer votre créance reste essentiel pour maximiser vos chances d’indemnisation. Notre Cabinet d’avocats vous assiste dans toutes les étapes.

Liquidation judiciaire : les recours alternatifs

Si vous avez effectué un paiement par chèque ou carte bancaire, et que la somme n’a pas encore été débitée le jour de la liquidation judiciaire, vous pouvez faire opposition au paiement auprès de votre banque.

En cas de liquidation, vous pouvez également exercer un recours contre le fabricant ou l’assureur de la société au moment de l’ouverture du chantier ou de l’installation, sous réserve que la prestation ou les dommages subis aient été garantis.

Les recommandations de votre avocate pour défendre les consommateurs

Les précautions à prendre avant de signer un contrat avec un prestataire

Avant de signer tout devis ou contrat avec un prestataire de service ou fournisseur, Maître Marine Lochon vous recommande de :

  • Vérifier la solvabilité de la société : Consultez les avis clients et l’état financier de la société au moment de la signature du bon de commande.
  • S’assurer que le professionnel est assuré : Vérifiez que le prestataire dispose d’une police d’assurance à jour au moment de la fourniture et/ou de la pose du bien vendu.
  • Obtenir toutes les informations nécessaires : Détaillez toutes les caractéristiques du bien ou service vendu, ainsi que les coordonnées du constructeur si elles diffèrent du prestataire.
  • Demander des attestations d’assurance avant tout commencement de travaux.
Tablette affichant un contrat d'assurances

Les limites des recours contre le constructeur et l’assureur

Tout recours contre le constructeur est conditionné à la preuve du caractère défectueux de l’objet acheté en lui-même (vice caché, défaut de fabrication …). En revanche, le constructeur ne peut être tenu responsable des défaillances liées à la pose ou à l’exécution du contrat, ces aspects relevant exclusivement de la responsabilité du prestataire ou de l’installateur.

Concernant l’assureur, tout recours dépend de plusieurs critères essentiels :

  • Souscription régulière de l’assurance : Le professionnel doit avoir souscrit une police d’assurance en bonne et due forme, sans irrégularités, pour qu’un recours soit envisageable.
  • Garanties prévues dans le contrat : Il est nécessaire de vérifier que le contrat d’assurance couvre le type de défaut ou de dommage en question, afin de bénéficier d’une indemnisation.
  • Exclusions de garantie : Certaines situations ou types de dommages peuvent être spécifiquement exclus du champ d’application de l’assurance, limitant ainsi l’intervention de l’assureur.

En cas de liquidation judiciaire ou amiable, les consommateurs doivent agir rapidement et suivre des démarches spécifiques pour espérer récupérer leurs créances. Toutefois, face à la complexité des procédures et à la faible probabilité de remboursement, il est essentiel de se faire accompagner.

Ainsi, faire appel à un cabinet d’avocats est un atout majeur pour défendre vos droits. Votre avocate saura vous guider à travers les étapes juridiques, maximiser vos chances de succès et vous offrir des conseils adaptés à votre situation, vous assurant ainsi une protection efficace face aux défis de la liquidation.

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